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Alexa Conradi, présidente de la FFQ

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« Il faut que les femmes restent fortes et qu’elles poursuivent leurs luttes afin qu’un jour, le gouvernement agisse. »

 

Sous l'initiative de la célèbre militante Thérèse Casgrain naissait, en 1966, la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Innovatrice et toujours à l’affût des besoins des femmes, c’est à la FFQ et ses membres que l’on doit la fameuse Marche mondiale des femmes, événement qui fut déterminant pour l’avancement de la condition féminine. Présidente de l’organisation, Alexa Conradi a accepté de faire le point sur 44 années de lutte afin d’accorder aux femmes la place et les droits qui leur reviennent.

 

Comptant 175 membres associatifs et plus de 600 membres individuels, la FFQ unit des femmes de tout âge, origine et profession dans une même lutte, prouvant que le féminisme est loin d’être mort. Présidente de l’organisation, Alexa Conradi est consciente que plusieurs préjugés persistent à l’endroit du féminisme. Toutefois, elle affirme que cette idéologie est loin de s’inscrire dans un courant marginal comme le croient certains. « Pour moi, le féminisme c’est qu’une société fonctionne au rythme de l’égalité des droits des femmes. C’est de faire en sorte que tout le monde puisse fonctionner pleinement et librement, loin des stéréotypes sociaux et des préjugés. C’est aussi de rendre visible le travail des femmes et leur apport à la société » précise-t-elle. 

 

Des combats, des victoires

Depuis sa création, la FFQ a mené d’importantes batailles et a cumulé de grandes victoires, telles que les congés de maternité, les places en CPE, l’équité salariale, le mariage entre conjoints de même sexe etc., grâce au travail mené de concert avec tous ses membres. Manifestations, marches, campagnes, déclarations et vigiles sont autant de moyens qui furent utilisés par les femmes pour interpeller les instances décisionnelles à statuer sur ces dossiers. On se rappellera, en autres, de la fameuse marche « Du pain et des roses » de 1995 et des marches mondiales des femmes de 2000 et 2005, rassemblements qui, selon Mme Conradi, ont été décisifs pour l’avancement de la condition féminine. « Les marches ont permis de faire avancer certaines revendications. Dans certains dossiers, on a consenti à nos demandes. Dans d’autres, on a pu placer des briques qui nous ont permis d’avancer sans toutefois pouvoir bâtir la maison en entier. Nous sommes conscientes qu’il y a encore beaucoup à faire pour atteindre l’équité. Dans certains pays, on n’a pas encore pu s’approcher ne serait-ce qu’un peu de celle-ci. Il faut donc poursuivre notre travail et ne pas baisser la garde, car il est facile de perdre nos acquis » souligne-t-elle.

 

Défis et perspectives du mouvement féministe

Aux dires de la présidente, les défis à relever seront nombreux au cours des années à venir. La situation économique actuelle qui précarise le travail ainsi que le manque de fonds du gouvernement l’inquiète particulièrement. « Ce manque de fonds amène le gouvernement à couper dans plusieurs programmes et à privatiser certains services. On leur demande de payer davantage alors qu’elles sont payées en-dessous de ce qu’elles devraient normalement gagner. De plus, l’État désinvestit dans des secteurs comme la santé et l’éducation, où les emplois sont majoritairement occupés par des femmes. Elles sont par conséquent les premières à souffrir de cette corruption. »

 

Toutefois, Mme Conradi demeure optimiste quant à l’avenir, affirmant qu’il est réaliste de penser que les conditions des femmes pourraient s’améliorer. « En 2010, les femmes vivent un certain ras-le-bol de la direction que prend la société. Elles vont par conséquent se démener pour aller chercher des appuis qui leur permettront d’avancer. Depuis 10 ans, on vit dans un contexte beaucoup plus difficile, mais il faut que les femmes restent fortes et qu’elles poursuivent leurs luttes afin qu’un jour le gouvernement agisse. »

 

 

Marie-Eve Bolduc